Conférence Publique
Est-ce que la vie a émergé ailleurs que sur Terre ? Pour la première fois dans l'histoire de l'astronomie, nous aurons bientôt la possibilité de commencer à répondre à cette question fondamentale. D'ici une dizaine d'années, l'instrument ANDES, en cours de préparation pour le télescope géant de 39 mètres de l'Observatoire austral européen (ESO), nous permettra de détecter les signatures chimiques de la vie dans l'atmosphère de quelques exoplanètes en orbite autour des étoiles voisines du Soleil. Détecterons-nous les signatures de photosynthèse et d'une biosphère active, ou plutôt des compositions chimiques semblables à celles de planètes comme Vénus ou Mars ? Les premières réponses sont attendues vers 2035.
Une équipe d'astronomes canadiens, menée par l'Université de Montréal, jouera un rôle central dans la construction d'ANDES. Depuis 2008, cette équipe a développé une expertise unique à travers la construction et l’utilisation de plusieurs instruments précurseurs : NIRPS, SPIRou et VROOMM. Ces instruments ont permis de valider les technologies et les méthodes qui seront au cœur d'ANDES.
Cette présentation retrace les travaux menés à l’UdeM sur la caractérisation d’exoplanètes, quelques jolies découvertes en cours de route, et l’aventure qui s’annonce au cours de la prochaine décennie sur le plus grand télescope au monde.
Biographie:
Étienne Artigau est chercheur à l’iREx, où il fait partie des équipes JWST NIRISS, SPIRou et NIRPS.
Il a obtenu son doctorat en astrophysique à l’Université de Montréal en 2006, sous la direction de René Doyon et Daniel Nadeau. Ses travaux doctoraux ont porté sur la construction d’une caméra à grand champ infrarouge (CPAPIR) et sur la détection de structures nuageuses à la surface des naines brunes. CPAPIR demeure l’un des instruments les plus utilisés à l’Observatoire du Mont-Mégantic et est utilisé dans le cadre du programme des observations en mode queue. Ses travaux de recherche sur les naines brunes ont mené à la première détection non ambigüe de variabilité photométrique d’une naine T, et à la découverte de structures nuageuses à la surface de cette dernière.
Après ses études doctorales, il a travaillé pendant 3 ans à l’observatoire Gemini Sud au Chili. Il a contribué à y mettre en marche la caméra NICI qui est utilisée pour la recherche d’exoplanètes, tout en poursuivant ses recherches sur les naines brunes. De retour à l’Université de Montréal depuis 2009, il travaille sur divers projets instrumentaux. Il est l’un des 2 responsables scientifiques pour le spectropolarimètre SPIRou et fait partie de l’équipe de support de l’instrument NIRISS sur le télescope spatial James Webb.
Il a aussi travaillé sur la la recherche et la caractérisation de planètes massives à grande séparation autour des étoiles jeunes. Il a codirigé avec René Doyon la thèse de doctorat de Marie-Eve Naud, terminée en 2016 et ainsi que celle de Frédérique Baron, avec David Lafrenière, toutes les deux portant sur cette thématique